Depuis 1994, ARAMHIS en partenariat avec la ville de Rives a organisé 4 expositions

Catalogue d'exposition Rives la mémoire du papier
 1994 : "Rives, la mémoire du papier"

 

En Novembre 1994, nous avons présenté, avec la ville de Rives, la MJC, les sociétés ARJO WIGGINS et ALLIMAND, une exposition retraçant l'histoire industrielle papetière de la ville de Rives.

C'est en 1573 que le premier moulin à papier dirigé par Jean BOULHOUD est signalé à Rives sur la rivière le Réaumont. Ce moulin, sous la houlette du maître papetier, emploie 4 ou 5 hommes et quelques ouvrières. Les papetiers s'organisent en corporations plus ou moins secrètes. En 1766, Maurice-Augustin et Joseph MONTGOLFIER exploitent les papeteries de Rives. Issus d'une des plus prestigieuses familles papetières, ils apportent à Rives toute la technique et les méthodes "modernes".Mais ils se heurtent vite aux corporations. Des grèves éclatent et en 1787, ils cèdent la papeterie à Claude Blanchet. A cette époque, la papeterie produit 55 tonnes de papier par an et emploie 11 personnes. Claude Blanchet entreprend une véritable révolution industrielle. A sa mort, en 1800, les papeteries produisent 90 tonnes de papier et emploient 50 ouvriers.
Les guerres napoléoniennes stoppent la progression de cette industrie, et ce n'est qu'en 1820, apres un accord avec Jean Antoine Didier Kléber, que les papeteries redémarrent. La progression est alors stupéfiante : en 1845, 400 tonnes produites et 290 ouvriers.

Trés tôt, l'usine se lance dans la production de papier photo ; allant jusqu'à avoir 900 ouvriers en 1926. Cette production verra les plus grands noms de cet art nouveau venir à Rives. Cet âge d'or s'éteint en 1950.En 1956, l'usine rejoint ARJOMARI, groupe papetier francais. Le papier photo est abandonné en 1979. En 1991, le groupe ARJOMARI se joint au groupe anglais WIGGINS TEAPE.

1997 : "Papier sensible : L'image révélée"

 

Quand les premiers essais de photographie sur papier sont imaginés, les inventeurs se tournent vers les papiers de Rives. Ceci s'explique par une qualité satisfaisante, mais aussi des caractéristiques techniques intéressantes. Les patrons de la papeterie misent sur ce nouveau produit et en 1867, Vogel (chercheur allemand) note au sujet de l'exposition universelle de Chicago :"seules 2 usines au monde fabriquent le papier photo : Rives près de Grenoble et Malmédy en Prusse Rhénane".

Dés cette époque, Rives fournit les plus grands artistes de la photo comme Baldus, Nadar...

En 1911, le catalogue des papeteries BFK de Rives présente 50 références de papiers photo. Cette suprématie vaudra à cette usine de rester longtemps le fournisseur exclusif de Kodak, et d'entretenir des relations d'amitié avec G. Eastman.

La première guerre mondiale et la crise de 1929 mettent fin à la suprématie de Rives sur le marché du papier photographique où de sèrieux concurrents se sont imposés. La papeterie se réoriente peu à peu et cesse la production de papier photographique en 1979.

Par ailleurs, de nouvelles images apparaissent.

Quel est l'avenir de la photo sur papier? Sera-t-elle supplantée par l'image numérique ?

 

 

2004 : "Rives, Papiers d'art"

 

Né au XVIe siècle, le moulin à papier de Rives reste longtemps modeste, et jusqu'au XIXe siècle, rien ne le distingue des ses confrères dauphinois. En 1820, deux familles, les Blanchet et les Kléber, prennent la tête de la papeterie. Le sort de l'entreprise est alors scellé : au coeur de la Révolution industrielle, son développement est prodigieux pendant cent ans. La réputation de la marque BFK (Blanchet Frères et Kléber) dépasse vite les frontiéres du Dauphiné, puis celles de la France.

La mise au point de spécialités explique en grande partie ce dynamisme. Une précédente exposition a montré comment le papier photographique a par exemple assuré la prospérité de l'usine à la Belle Epoque.

Nous avons voulu faire connaître ici une autre spécialité de l'entreprise : les papiers d'art. Représentant une part plus modeste de la production, ces papiers ont été appréciés par de nombreux artistes pour lesquels le filigrane et la marque BFK Rives étaient synonymes d'une qualité irremplaçable.

Ainsi, pendant des décennies, des artistes de tous horizons ont dessiné sur du vélin de Rives, et celui-ci a su garder sa place malgré le prestige du papier d'Arches, dans les Vosges, ou celui de Canson, le voisin ardéchois.

La plus ancienne des oeuvres exposées est de 1854 : c'est un dessin préparatoire des peintures de la chapelle Blanchet de Rives, exécuté par Alexandre Debelle; un spendide filigrane BFK Rives a permis de confirmer une hypothèse logique : les papetiers commanditaires des dessins ont fourni le papier nécessiare. Pour toutes les oeuvres anciennes, la patience s'impose : le seul moyen d'authentifier la provenance d'un papier est d'en dénicher le précieux filigrane !

Les plus récentes sont de 2003 et ont été exécutées par Denis Laget et Chiaki Myamoto. Une précision s'impose : si la marque et le filigrane de Rives existent toujours, le papier n'y est plus produit : depuis 1982, sa production a été transférée à Arches, autre usine du groupe ArjoWiggins auquel appartient l'usine de Rives.

Pour les artistes cependant la magie demeure : "Et je suis excité à l'idée d'utiliser le nouveau papier, un Rives qui va être propice à la sanguine... Il est plus lisse. Ca glisse."(Jean-Charles Depaule - 1996 )

 

 

2004 : "Filigranes, histoire de transparence"

 

Le premier papier filigrané connu date de la fin du XIIIème siècle ; il se trouve sur un papier fabriqué à Fabriano (dans la région d'Ancône, en Italie), peu après la naissance d'un moulin en 1278. La fabrication du paier, né en Chine au IIème siècle après Jésus-Christ, s'était déjà propagée dans tout l'Orient depuis plusieurs siècles et s'était introduite en Europe au XIème siècele (Espagne et Italie).

L'invention du filigrane est à mettre en relation avec l'évolution technologique en Italie du Nord. Dans cette région, le tamis à trame métallique remplace le tamis à trame textile : la fixation d'un fil de laiton devient ainsi possible. La technique s'est ensuite exporté sur les autres continents. Dès le milieu du XIVème siècle, le Maghreb importe par exemple des papiers italiens ; au XVIème siècle, la moitié des papiers employés dans l'empire ottoman étaient filigranés. Plus tard, la Turquie fabriqua des papiers filigranés pour tout l'empire.

L'exposition évoque l'Ancien Régime et les évolutions depuis le XIXème siècle, le rôle du filigrane dans les cartes à jouer, le fisc et la sécurité et notamment les billets de banque. Elle aborde l'histoire des papiers filigranés fabriqués à Rives et Charavines des origines du moulin à nos jours