Sur les traces des maquisards et du camp C.3 :

Baraque des feuilles, Gros Martel...

La boulangerie de Léon Martin existe encore, elle donne sur la place sous l'église. Quand on fait le tour par la ruelle, au-delà de la petite cour arrière, la crête que longe la route forestière qui passe au Cru semble tout près.

     La Ferme du Cru se trouve encore dans une clairière à droite au-dessus du chemin forestier après le grand virage du Trou Qui Souffle. C'est une propriété privée, gardée par des panneaux.

     Deux kilomètres plus loin, la baraque des Feuilles actuelle. Celle d'avril 43, en bois, a été brûlée par les Allemands en 44. La fontaine est la même.

     Sur la route forestière, après les Feuilles, on passe devant la baraque d'Achieux. Au grand virage en épingle à cheveux sur la gauche avant que la route ne descende vers les Narces, on monte doucement à droite dans la forêt par le G.R. de pays balisé jaune-rouge.

     Après une grosse demi-heure, on prend sur la gauche un sentier indiqué Gros Martel. Très vite à droite, un peu plus profond que les nombreux pots qui piquent le coin, le Trou de l'Enfer avec son filet de source qui fut précieux aux hommes des bois.

     On continue. Sur un dôme, une petite clairière. Un panneau indique à droite Gros-Martel. Le sentier devient parfois un peu raide mais les racines des arbres forment un escalier confortable. Du sommet du Gros Martel , on a une bonne idée de la largeur du Vercors et de l'orientation Nord-Sud de ses  reliefs. En effet on découvre d'Ouest en Est : une ligne haute, les Coulmes et leur forêt ; un creux, le val de Rencurel ; une hauteur, la Crête des Clapiers avec le Pas de Pertuson ; le val de Méaudre-Autrans ; la crête que passe le Col de la Croix Perrin ; la vallée de Lans-Villard et enfin tout à l'Est les hauts de la barrière orientale avec le Col de l'Arc. En Vercors, ces petits sommets intérieurs du massif donnent des vues d'ensemble intéressantes qui permettent le repérage toutes directions et la compréhension des lieux. Sans oublier le cadeau d'un paysage immense et tranquille ni celui de la nature plus proche qu’on peut toucher et sentir.

     

      Ainsi en mai-juin au Gros Martel, les épicéas sont dans la phase terminale de leur floraison et c'est voyant : leur rôle de pollinisation accompli, les fleurs mâles flétrissent, les fleurs femelles rouge grenat se dressent en bout de rameaux. Certaines, qui ont déjà basculé vers le bas, sont en train de devenir le fruit, le cône pendant que l'on connaît bien. Avec les restes de fleurs en bougies des pins, on marche en plein printemps dans les arbres de Noël...

 

     La nature, au Gros Martel, s'est beaucoup modifiée depuis 1943 : quand Stephen du C.1 y vient en mai, il parle de pâturages. Actuellement au Gros Martel, pas de prairie : ici, comme souvent ailleurs, les arbres ont avancé sur les anciens gagnages désertés par les bêtes.

     Passé le sommet, le sentier descend pour rejoindre le G.R. de pays balisé jaune-rouge. On le prend évidemment à droite pour retourner d'où on vient. Mais avant, un petit crochet à gauche, tout près, pour le Gour Martel légèrement en contrebas, poudré de pollen, étonnant grouillement de tritons en cette saison. Tout près aussi, des épicéas au tronc travaillé par les ips typographes, de très petits insectes dont l'attaque laisse une trace bien caractéristique. Un mâle se pose sur le tronc et perce. Il émet une odeur qui attire une ou deux femelles. Accouplement. Les femelles creusent chacune une galerie superficielle. Elles pondent. Quand les oeufs ont éclos, les larves creusent à leur tour. La partie vive de l'arbre est ainsi labourée de tranchées, il essaie de se défendre en émettant des flots de résine mais les bestioles ont toujours le dernier mot. D'où ces grands troncs secs couverts d'écritures mystérieuses. Vous verrez peut-être des pièges à ips placés par les gardes forestiers, ce sont des sortes de tuyaux en plastique percés de trous et dont le bas est bouché par un entonnoir.

La carte de l'itinéraire est ici